đ đ§đ„đšđ đŠđ§đąđ„đŹ. #NOFILTER
- Eric BERTIN

- il y a 4 jours
- 2 min de lecture
En direct de La Chaux-de-Fonds, il y a 30 minutes sous mes yeux (et mes oreilles)âŠ
đšâ𩰠Il est commercial dans la biĂšre, venu vanter les mĂ©rites de sa derniĂšre biĂšre sans alcool.
đ Elle est la patronne du bistrot. Une bonne table Ă menus du jour en plein centre- ville. Il fait beau. La terrasse est pleine. Câest plus parsemĂ© Ă lâintĂ©rieur.
đšâ𩰠Il est bien Ă©levĂ© et joue sur les artifices dictĂ©s par les anciens, il sâassied Ă une table proche du comptoir pour pas la rater et commande une eau gazeuse pour dire quâil a payĂ© une conso. Il attend⊠attend⊠quâelle veuille bien lui accorder un peu de temps entre les encaissements des derniĂšres tables de midi et la plonge qui sâentasse derriĂšre le zinc.
đ Elle sâassied enfin. Gros charisme. Ce que lâon eut coutume de qualifier dâune « trĂšs belle femme » (on se ferait dĂ©monter en disant ça de nos jours). ApprĂȘtĂ©e, trĂšs classe sans que cela ne lâempĂȘche dâaider ses employĂ©s en terrasse en mĂȘme temps quâen salle. Bref elle en impose đ
đšâ𩰠Lui, aprĂšs avoir servi 2 verres, 1 pour elle, 1 pour lui : « Câest lâavenir de la biĂšre sans alcool, avant on avait des doutes, avec la nĂŽtre vous ne voyez pas la diffĂ©rence d'avec une biĂšre classique. Câest bluffant ! Tout ça câest grĂące aux nouvelles technologies dans lesquelles on a investi. Câest la meilleure de Suisse, et je dis pas ça parce que câest la mienne, je dis ça parce que je le pense ». Bref que des punchlines surannĂ©es certainement soufflĂ©s par son patron ou son marketing pour faire sensation. Ces trucs qui fonctionnaient (encore que !) dans les annĂ©es 70.
đ Elle : « Mais jâaime pas la biĂšre. Et puis jâai pas de place dans les frigos »
đšâ𩰠Lui : « Ah mince⊠alors oui si on n'a pas dâespace pour les mettre câest compliquĂ©. Faudrait que je vous trouve un frigo⊠on dort lĂ -dessus et on en reparle la prochaine fois ? » Il a fait un cul sec sur sa biĂšre et il est parti. Elle avait Ă©videmment dĂ©jĂ quittĂ© la table entre temps.
đ Une fois le carnage terminĂ©, je me prĂ©sente Ă la patronne pour lui demander pourquoi elle nâa pas achetĂ©. Sa rĂ©ponse : « jâai un contrat avec un autre brasseur et mes employĂ©s vont tout confondre, on a trop de produits diffĂ©rents. »Bref, il a voulu vendre le QUOI, sans se battre, et en reportant Ă plus tard. Il aurait fallu lui vendre le COMMENT et le POURQUOI, lĂ , maintenant, sur le moment. Et pour ça il aurait dĂ» tisser une sincĂšre dĂ©couverte autour d'elle et de son affaire plutĂŽt que de faire de l'incontinence verbale autour de son produit Ă lui đ€·ââïž
Et dire que pendant que j'Ă©cris ça, il est sĂ»rement au tĂ©lĂ©phone avec son patron pour lui expliquer que le produit est trop difficile Ă vendre et qu'il faudrait investir dans des frigos Ă offrir aux bistrotiers... đ€Šââïž
#laVENTEcestCHIC đŻđȘđžđđ
Mais je peux pas ĂȘtre partout⊠đ




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